Le déremboursement de l’homéopathie

La médecine homéopathique ne sera plus remboursée par l’Etat français à partir du 1er janvier 2021, a confirmé Agnès Buzyn, après des mois de débat national sur la question.

L’ancienne ministre de la Santé a déclaré que les remboursements versés par la Sécurité sociale française – actuellement 30% du traitement – seraient progressivement réduits à 15% en 2020, puis à zéro en 2021.

Elle a ajouté que si l’homéopathie était utile, l’état continuera à la rembourser : « Le remboursement de l’homéopathie coûte à l’État 126.800.000 euros, d’un total des dépenses de santé de 20 milliards d’euros par an. Nous le faisons pour de nouveaux médicaments innovants, même s’ils sont très chers, mais nous le faisons parce qu’ils sont efficaces. »

La décision de Mme Buzyn intervient après des mois de débats sur la question et la Haute Autorité de Santé (HAS) jugeant, en mai 2019, « l’efficacité insuffisante » de l’homéopathie, et recommandant de ne plus rembourser le médicament.

De même, plus tôt toujours durant l’année 2019, 124 médecins ont signé une lettre ouverte appelant les homéopathes des « charlatans » et recommandant à l’État de suspendre le remboursement. Ils ont ensuite été poursuivis par l’Union des homéopathes français.

En septembre 2018, la Faculté de médecine de Lille a annoncé la suspension de son diplôme d’homéopathie en attendant le débat social.

La ministre Agnès Buzyn avait précédemment déclaré à plusieurs reprises qu’elle suivrait les conseils de la HAS sur la question.

Cette décision prise par le gouvernement français a suscité des divergences, voire des avis opposés. 

Le déremboursement de l’homéopathie, l’avis des opposants

 

Le gouvernement français a annoncé qu’il cesserait de rembourser les patients pour un traitement homéopathique à partir de 2021 après qu’une grande étude nationale a conclu que la médecine alternative n’avait aucun avantage prouvé.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ancien médecin ayant promis de placer la rigueur scientifique au cœur de la politique, a déclaré qu’elle avait pris la décision après un verdict accablant sur l’homéopathie par l’autorité nationale de la santé en juin.

La société française Boiron, leader mondial des produits homéopathiques, a rejeté la décision de Mme Buzyn, la qualifiant « d’incompréhensible et incohérente ». Elle a déclaré qu’elle « ferait tout pour combattre » la décision et a appelé le président Emmanuel Macron à réagir.

Dans un communiqué, les Laboratoires Boiron ont même ont demandé à être reçus par le président de toute urgence. Boiron mettra tout en œuvre pour lutter contre une décision de déremboursement contraire à une pratique éminemment populaire.

En avril 2019, Boiron a réitéré qu’une décision du gouvernement d’arrêter le remboursement de l’homéopathie menacerait plus de 1 000 emplois en France, et potentiellement bien d’autres à l’étranger – et a lancé une campagne intitulée « Mon Homéopathie, Mon Choix ».

Bruno Bonnell, député du Rhône, a déclaré: « Nous ne comprenons pas la mesure du point de vue de la santé publique – des millions de personnes utilisent l’homéopathie. Nous ne comprenons pas comment cela permettra d’économiser de l’argent, car les gens se tourneront simplement vers d’autres médicaments qui coûteront cher la même chose, et nous ne comprenons pas l’idée de ne pas donner une chance aux produits innovants.»

Mais Olivier Véran, Ministre de la Santé depuis 2020, a déclaré: « Ce n’est pas l’État qui recule. Cet argent ira au remboursement de médicaments efficaces parfois très chers, pour soigner les cancers, soigner les infections et donner de l’argent aux hôpitaux qui en ont besoin.»

Il est à noter que la décision de la France a été suivie de près en Allemagne, où environ 7 000 médecins homéopathes sont enregistrés.

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